juillet 31

La flexibilité … la suite (3).

L’importance des manipulations locales

Une des particularités du bauchérisme consiste à traiter la moindre résistance de façon locale. Il n’et pas question de chercher à supprimer ou atténuer une résistance en mettant tout le corps du cheval en mouvement, mais de la traiter localement, à pied comme en selle.

La flexibilité découle de l’absence de résistance, c’est à dire quand le cheval n’emploie pas sa musculature antagoniste (et ce de façon volontaire ou non), et qu’il n’utilise que le strict nécessaire de tonus musculaire pour réaliser ce qu’il est en train de faire (en fait, il y a là ce que le général L’Hotte expose dans sa définition de la légèreté dans le juste emploi d’énergie nécessaire au mouvement considéré !). Lire plus

juillet 19

Décontracter …

Décontracter : le physique et le mental !

Au départ, les mobilisations de la nuque et de l’encolure avaient pour principales raisons d’en libérer des tensions voire isoler et réduire des blocages, rendre disponible ce gouvernail « tête-encolure », (re)trouver le jeu nécessaire permettant de déporter le poids sur l’antérieur du dehors (pli et incurvation), bref, c’était une suite de manipulations dont l’orientation n’était que du domaine de la gymnastique. Lire plus

juin 27

Cession à la pression

Apprendre au cheval à céder à la pression

Pression physique / pression virtuelle

Quand les intentions priment sur les actions :

Le cheval gère l’espace dans lequel il évolue. De façon simpliste, on peut dire que sont référencés ceux qui prennent ou qui cèdent de l’espace. Pour l’humain, devient prioritaire le principe des « intentions » qui doivent primer sur les actions ; les actions ne devant que « renforcer » et/ou « préciser » les intentions. Mais dans l’ordre chronologique, ce sont les intentions qui priment. A terme, on s’aperçoit que visualiser l’espace dans lequel on souhaite faire évoluer le cheval en y adjoignant l’énergie nécessaire à la création de mouvement suffit à « déclencher » ce mouvement. Je ne sais pas « comment ça marche », mais j’en connais l’efficacité redoutable qui m’émeut toujours autant ! Ce qui renvoie aux oubliettes le principe de la chambrière (entre autres) en tant qu’aide propulsive ; ce qui ne me fait pas rejeter l’emploi de la chambrière ou de la cravache, mais celles-ci étant devenues la « prolongation » de ma main qui donne une indication.

Pression physique, tremplin vers le virtuel :

L’emploi des aides s’exerce par une multitude de pressions sur le corps du cheval ; ce qui fait que s’il y a bien une chose qu’il faille apprendre au cheval c’est le principe de la « cession à la pression », action contre-nature pour lui qui est « programmé » pour s’opposer à une pression exercée sur son corps.

Cette action se réalise par « paliers » sans à-coup et d’intensités croissantes de l’ordre d’un contact sur :

  • le poil
  • la peau
  • le muscle
  • le squelette

Il est bien entendu recherché une finesse telle que la pression de l’ordre « du poil » suffise à obtenir une réponse du cheval ! Je fais souvent allusion au fait que le cheval ressent une mouche posée sur n’importe quelle partie de son corps… ce qui doit faire réfléchir au fait que le cheval ne réagissant pas à une pression de l’ordre de plusieurs kilos manifeste une résistance volontaire ou non particulièrement forte qui doit être prise en considération bien avant d’en arriver à ce degré d’intensité !

Intensité des pressions
Le principe s’apparente à une fonction en escalier ! L’intensité de la pression est appliquée pendant une dizaine de secondes lors de l’apprentissage pour passer à l’intensité supérieure en cas d’opposition franche du cheval. Par contre, elle doit cesser immédiatement à la moindre amorce de « réponse » du cheval.

Au fil des progrès du cheval (et du cavalier….), on s’aperçoit que non seulement le cheval réagit sur une pression de l’ordre d’un contact sur les poils, mais s’affine jusqu’à déclencher du mouvement à l’approche de la main. Quant à ceux qui ont des « intentions claires et fortes », le mouvement s’amorce avant d’avoir approché la main ! Pour certains, cela s’apparente à de l’anticipation, et je réponds « oui et non !!!! » . Il s’agit d’anticipation si le cavalier fonctionne de façon « mécanique », c’est à dire sans intention, sans « visualisation » ; par contre, il s’agit d’une pression « virtuelle » pour ceux qui ont d’abord « visualisé » avant d’agir… Et il ne s’agit pas de jouer sur les mots, bien au contraire, ni de tomber dans de l’ésotérisme « à 50 cents » …. Je ne sais pas comment cela se produit, mais force est de constater que ça se produit.

Appuyée sur ces principes, la gymnastique du cheval devient beaucoup plus simple, tolérante et tolérée, en association avec les manipulations « palpées » des différentes parties du corps du cheval qui renseignent sur les sources de « résistances physiques », qui, dans cet état d’esprit, sont dans la majorité des cas d’origine involontaire. Au cavalier d’être à l’écoute, de chercher à comprendre et à se faire comprendre.

Il y a là malgré tout une espèce de « bémol » : devient flagrant que la relation établie entre le cheval et son cavalier est du domaine de l’intimité ! Pour un observateur, il se retrouve dans la position du « voyeur » (!), et le couple cheval/cavalier acceptant d’être observé se met dans la position de « l’exhibitionniste » ! Ceci étant formulé de façon simpliste et (plus ou moins) exagérée … Car il ne s’agit plus là de technique mais de relationnel, c’est tout du moins ce que j’en pense.

Catégorie : comportemental | Commenter
juin 25

La flexibilité … la suite (2)

Tout passe par la mâchoire ….

ou presque !

D’un point de vue bauchériste, la cession de mâchoire prédomine sur tout mouvement envisagé.  Pour s’assurer de la disponibilité du cheval, le cavalier « sent la bouche » par l’intermédiaire de la main.

MAIS :

On s’aperçoit que sans la dextérité de Baucher, il est facile d’être « berné » par une mobilité de la mâchoire qui ne traduit pas forcément la décontraction. Elle peut aller jusqu’à exprimer une forme d’agacement, et j’en passe. De plus, si le cavalier vient à provoquer la mobilité de la mâchoire par des demi-arrêts ou des vibrations sans la délicatesse requise, il n’est pas absolument sûr que toutes les tensions (volontaires ou non) disparaissent sous l’action du mors dans la bouche. Je pense ici à une cession de mâchoire incomplète qui est plus néfaste qu’autre chose, et Beudant ne s’y est pas trompé en mettant en garde contre ces cessions « pernicieuses » !  Aux puristes, je dis : « …ne hurlez pas… Soyez objectifs, faites les choses pour votre cheval, pas pour voir ou entendre ce que vous voulez voir ou entendre ! « 

Une alternative consiste à s’assurer que la mâchoire soit mobile par la mobilisation des articulations qui lui sont proches : la nuque, les cervicales hautes, les cervicales basses ou encore toute la colonne cervicale associée à la nuque (comprendre que le mouvement commence par la mobilité latérale de la nuque). Dans ces manipulations, on constate chez tous les chevaux une décontraction générale, une sorte de « lâcher prise » qui rend le cheval plus flexible, plus mobile, associé à la « cession de mâchoire spontanée » issue de ces manipulations.

Dans ces manipulations, on recherche le fait que le cheval suive sans résistance, sans opposition la plus petite indication de la main et que le cheval poursuive SEUL le mouvement amorcé par cette « pression » de la main. A prendre en compte que la priorité est la décontraction, et celle-ci ne peut s’obtenir « en force » : il est impossible d’obliger, de forcer le cheval à se décontracter (comme chacun d’entre-nous d’ailleurs). Ces manipulations commencent par des pressions exercées par la main sur la nuque et les cervicales.

Le « coup de longe » après manipulations donne un aperçu de l’élasticité générale …

Toujours à pied, elles seront reprises sur le licol par l’intermédiaire de la longe, puis sur le filet, et enfin en selle sur le filet. J’insiste sur l’emploi du filet et non du licol, car toute action sur le licol, aussi minime soit-elle, a tendance à provoquer une pression sur la nuque et par conséquent un abaissement du balancier « tête – encolure ». En filet, le cheval suivant la main, il peut sans contradiction faire varier la hauteur de son balancier… Comme quoi, partant de bonnes intentions, l’emploi d’outils « à la mode éthologique » n’est pas forcément une bonne chose … pour le cheval ! Ce qui ne me fait pas condamner l’emploi du licol, bien entendu, mais son emploi n’est pas exclusif !

Tous les chevaux ainsi manipulés ont donné des sensations de flexibilité beaucoup plus complète, flexibilité transmise par le dos du cheval devenu plus « élastique »… tout en préservant la fraîcheur de la bouche de ces chevaux.

Ce qui sera développé dans : La flexibilité … la suite (3) !

juin 20

La flexibilité … la suite (1).

L’équitation, affaire de comportement…

La qualité de la flexibilité en découle.

Merci Guillaume ANTOINE et Gérard DORSI (mes formateurs en équitation comportementale).

Pourquoi ? Simplement parce que sans cet état d’esprit, il n’est pas possible, je crois, d’obtenir l’adhésion totale du cheval à ce qui lui est proposé, soumis. D’autre part, je préfère l’expression « équitation comportementale » à « équitation éthologique », cette dernière n’étant pas appropriée au sens où l’éthologie est basée sur l’observation d’une espèce, tandis que l’équitation se pratique par des actions sur l’espèce. Et il ne s’agit pas de jouer sur les mots ! De plus, la mode étant à « l’éthologie », on y trouve un peu tout et n’importe quoi, du pire comme du meilleur…sans oublier que les modes passent !

En y regardant de plus près, hormis des allures ou des Airs contre-nature, et le fait d’inverser l’acte réflexe du cheval qui « s’oppose à une pression exercée sur son corps », la majeure partie de ce qui est demandé en équitation est déjà latent chez le cheval. En effet, le cheval piaffe, passage, change de pied, etc … La difficulté consiste donc à s’en faire comprendre d’une part, et lui laisser le temps de développer sa musculature d’autre part. Le tout associé à une reconstruction posturale lui permettant de restituer son aisance, sa prestance naturelle sous la charge de son cavalier, bref, de faire une gymnastique appropriée qui lui redonnera « tout le brillant que comporte son ensemble » sous les directives et le poids en selle de son cavalier. Et c’est TOUT !

Devient évident que pour y parvenir dans les meilleures conditions possibles, la contrainte sous des actions « en force » est à mettre au placard : on ne peut pas obtenir du cheval la décontraction dont sont issues la souplesse et la flexibilité en « tirant dessus et en tapant dedans ». Beaucoup s’y sont essayés, voire s’y emploient encore, et le rendu s’apparente toujours à des situations conflictuelles qui n’amènent à rien (pour le cheval). Quant au cavalier, un suivi « psy » me paraît plus approprié…je ne crois pas qu’il puisse ressortir de ce genre de pratique quoi que ce soit de « bénéfique » pour qui que ce soit ; la démonstration d’avoir « vaincu la bête » n’est à faire que … sur soi-même, mais c’est là un autre sujet qui demande des compétences que je ne possède pas forcément ! Ceci étant issu de constats personnels bien actuels, évoquant le fait que le bipède que nous sommes est bien loin de la sagesse à laquelle il prétend parfois.

Equitation comportementale

De quoi s’agit-il ? Faisons simple !

D’abord, cela suppose d’avoir un minimum (heum…) de connaissances sur le « comment communique le cheval », et le « comment fonctionne le cheval ». A l’heure où l’information est particulièrement accessible, la consultation des travaux des éthologues peut être d’un grand secours !
Pas besoin de s’attarder sur le fait que la « mécanisation » est ici proscrite ! Il ne s’agit pas de faire du cheval un « singe savant »… et ceci énoncé de manière condescendante ! Au contraire, il s’agit de s’appuyer sur le comportement naturel du cheval pour se faire comprendre ; ce qui implique en priorité de s’intégrer dans son environnement, et être référencé comme étant une « ressource ». Pour faire une image de façon simpliste à l’échelle humaine, il s’agit de se positionner comme un « chef de file » au sens où ce chef devient un « pilier » sur lequel les autres s’appuient en cas de problème, de prise de décision, etc… Ce qui demande au « chef de file » d’être responsable de ces actes ! Comme quoi, Guillaume a (encore) raison ; vis à vis des chevaux : « …prendre ses rênes, c’est prendre ses responsabilités… »
Pour faire bref et passer cet aspect comportemental, on a affaire à de la « gestion de l’espace », et à de la « gestion des tensions ». Pour les curieux, consulter l’ouvrage de Guillaume ANTOINE et Gérard DORSI : (cliquez sur la photo pour accéder au site de Guillaume et Gérard)

Equitation :  une affaire de comportement  (Editions BELIN) Pour commander ce livre :  envoyer un chéque  à l'ordre de la Sarl 3GB, 1 route de la forge  27220 BOIS LE ROY - 1 livre  + frais de port : 18,64€  - 5 livres  + frais de port : 83€
Equitation :
une affaire de comportement
(Editions BELIN)
Pour commander ce livre :
envoyer un chéque
à l’ordre de la Sarl 3GB,
1 route de la forge
27220 BOIS LE ROY
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On en arrive dans l’état d’esprit évoqué plus haut à obtenir en priorité l’adhésion du cheval, puis à chercher la décontraction TOTALE du cheval en s’attachant dans un premier temps au bout de devant. Baucher ne s’y était pas trompé, tout se joue dans la mâchoire ET la nuque du cheval. La nuque inclut les cervicales hautes, et pour que le balancier tête/encolure soit complètement perméable, on y adjoint toute la colonne cervicale. Là, sous forme de « bla-bla » c’est compliqué alors que dans la pratique, c’est très simple. Si je voulais transposer ça en « langage ou technique bauchéristes », je dirais qu’on est dans la pratique des flexions !

Les manipulations « à pied » :

Lors des premières recherches sur le sujet, je m’étais arrêté à la mobilisation latérale et longitudinale de la nuque, ce qui provoquait systématiquement la mobilité de la mâchoire.
Clic ==> HISTORICO, mobilisations de la nuque
J’obtenais alors une bonne perméabilité de l’avant du balancier, mais la jonction au « tronc » n’était pas complète. La solution a été amorcée par Patrice qui a cherché la mobilité des cervicales basses et des premières thoraciques : la liaison avec le pont vertébral s’en trouve faite et la décontraction alors obtenue se propage dans TOUT le corps du cheval, donnant une flexibilité complète, mettant en jeu toutes les parties du cheval. Ces manipulations d’ordre « tactiles » renseignent sur l’état de décontraction, de disponibilité physique, mais aussi et je rajouterai SURTOUT sur l’état moral, mental du cheval. Par la palpation, pour peu qu’on y soit sensible et ceci est à la portée de tout le monde, devient possible de détecter les tensions dans le bout de devant en palpant de la nuque aux cervicales basses. Par massage des zones sensibles, il est rare que le relâchement ne se produise pas, relâchement souvent (toujours pour les chevaux que j’ai manipulés) accompagné de soupirs, clignements d’yeux et mâchouillements. Et c’est là que tout s’amorce : dans cet état, le cheval remis en mouvement donne systématiquement une allure plus liante, plus fluide, avec des oscillations plus prononcées. On peut donc influencer la « mécanique de l’allure » pour proposer du pli qui va se propager dans le pont vertébral et former l’incurvation. C’est reprendre « à mon compte » l’expression de Patrice : « …influencer sans détruire…« .